Cet hiver, nous avons acheté un nouveau bateau. Un Attalia de 1984 stationné en Angleterre et appartenant à un citoyen britannique. Il n’était pas neuf, loin s’en faut puisque ayant 25 ans, et au moins 6 propriétaires successifs, et n’était plus utilisé depuis plus de trois ans (à terre). Sur les différents forums où j’en avais parlé, beaucoup m’avaient déconseillé cet achat prétextant la difficulté de franciser un tel bateau ! C’est vrai que ce n’est pas l’option la plus simple, mais il suffit de suivre la procédure et « ça se fait !». Par contre les anglais n’ayant pas la même pression administrative que nous, comprenaient mal tous les papiers que je leur demandais Lorsque je l’ai acheté je savais tout ça, mais je profitais de la Livre sterling qui était basse, pour faire « Une Affaire ! ». Ce bateau étant au Royaume Uni, j’aurais pu le laisser sur place. Cela voulait dire, lorsque nous aurions voulu l’utiliser, aller dans le Sud de l’Angleterre avec tous les aléas climatiques de cette région et, comme je le disais plus haut ce bateau est très usé, et je ne le connais pas ! C’était pour le moins hasardeux. Mes zones habituelles de navigation étant la méditerranée Est et Ouest- il fallait le ramener,- et là, plusieurs options se sont présentées ! Le convoyage, le bateau n’était pas du tout prêt à reprendre la mer, état du moteur inconnu et solution réputée onéreuse. Le retour par les canaux n’était pas envisageable compte tenu du tirant d’eau d’un tel bateau (1,80mètre), et la méconnaissance des capacités du moteur! Le transport par cargo. J’ai demandé des devis, en laissant le libre choix de la date à une multitude de société, dont certaines m’ont aimablement répondues, d’autres pas du tout, mais j’ai pu faire un choix, et là encore du fait de la valeur de l’euro, face à la faiblesse de la Livre sterling, j’ai fait appel à un transporteur local « South West Boat Transport », qui s’est fort bien acquitté de cette tache. Ce qui a guidé mon choix : Le prix pour un service identique J’ai donné la liste des options possibles pour ramener mon bateau dans l’ordre des prix décroissants Les prix se sont échelonnés de plus de 10000 Euros, pour un transport par Cargo de Plymouth jusqu’à Gènes, revu par la suite à la baisse, (légère la baisse), à ce prix il fallait rajouter le grutage pour le remettre à l’eau et le remater, et le déchargement à gènes pour le ramener à Marseille son port d’attache. (Avec toujours comme problème que le bateau n’était peut-être pas en état de naviguer !) Ensuite entre 5800 euros et 6500 euros pour un transport sur remorque de son Port à sec en Angleterre, à son Port à sec à coté de Marseille, par des entreprises françaises réputées que j’aurais aimé faire travailler Et enfin 3500 Livres Sterling (environ 4000 euros au cours du change le jour du Paiement), pour faire réaliser le transport par l’entreprise citée plus haut. Cette entreprise m’a demandé le paiement de la somme prétextant d’avoir l’argent pour réserver le Ferry, et ne connaissant pas les usages au royaume uni, j’ai réglé l’intégralité de la facture (sans jamais avoir de facture…) ! Elle m’a demandé ensuite tous les papiers du bateau, que je venais juste de faire faire ! Le jour choisi par l’entreprise je me suis rendu en Grande Bretagne pour assurer la mise en place sur la remorque, mais aussi pour charger avec son aide le déménagement de ma fille dans le bateau en effet elle revient au mois de juin après avoir passée une année d’étude dans le nord de l’Angleterre. Quelle ne fut pas ma surprise le soir de m’apercevoir que sur une couchette du bateau se reposait un énorme Lapin en peluche. J’expliquais aussitôt à ma fille le grand risque qui existait à laisser un tel rongeur dans le bateau (en polyester tout de même, mais quand même !), et l’aimable cousin du lièvre regagna la voiture et rentra en France en avion ! La nuit précédent le transport, une véritable tempête se mit à souffler et j’en voulait à ce « Nom de dieu de P. de Lapin » qui commençais à nous porter la poisse !, le bateau vibrait, et je voyait déjà les étais en bois le soutenant se carapater en nous entraînant au tas , sans parler de la grue dont je savais qu’elle ne pourrait nous manipuler avec une telle tourmente. Je me voyais déjà avoir à refaire un voyage en Grande Bretagne! Ma fille, elle, dans ses rêves, était surprise que nous ayons déjà mis le bateau à l’eau !!! Puis vers 3hoo, une petite pluie commençât à tomber, et petit à petit, le vent se calma. Le transporteur devait arriver à partir de 8hoo heure anglaise (heure à laquelle le vent était encore un peu trop musclé) et arriva finalement à 10hoo (où le vent et la pluie avaient fait place à une petite brise de « jeune fille » et à un beau soleil que nous avons eu toute la journée) ce qui nous a permis de bricoler jusqu’au dernier moment sciage du mâtereau support d’aérogène que nous ne sommes pas arriver à démonter faute d’outillage. Enfin, ils sont donc arrivés avec une petite semi-remorque, toute neuve (achetée pour ce transport) C’est une jeune entreprise qui se limite au transport des bateaux de moins de 5 tonnes. (Il a ainsi fallut que je vide le réservoir d’eau par siphonage la pompe ne fonctionnant pas, car le poids du bateau frisait avec les 5 tonnes avant de mettre son mat sur la remorque). J’ai également fait cadeau des bouteilles de Gaz qu n’étaient pas au standards français, ainsi qu’une ancre non-conforme également, ce qui me faisait encore gagner un peu de poids. J’Aurais pu également jeter les deux batteries du bord car en fait elles étaient mortes malgré « l’aérogène ». Une fois terminé, le responsable m’a demandé les clefs du bateau pour le cas ou ! (J’avais comme un plomb de sonde au creux de l’estomac !). Puis le convoi est parti. J’avais décider de les suivre pour m’assurer de leurs aptitudes à la conduite d’un ensemble de véhicule aussi long et aussi large, mais je n’ai pas pu car il fallait que je règle le port à sec pour la prise en charge du bateau et son grutage. Le port en question Dell Quay yacht yard ne m’a pas fait payer les huit jours du mois d’avril, et m’a fait cadeau de l’électricité consommée depuis notre arrivée. Avec un pot d’antifouling de 2,5 Litres identique à celui passé par le propriétaire précédent, le grutage et un cadenas marine pour fermer le coffre du bateau la facture s’est élevée à 156Livres environ 175 Euros. Ensuite nous sommes rentrés en France en avion, et avons attendu le convoi à sa destination Port Saint Louis du Rhône où il devait arriver au plus tôt deux jours plus tard (sic) (ceci voulant dire en réalité deux jours plus tard, le plus tôt possible). Ils sont effectivement arrivé deux jours plus tard à 13hoo avec un rendez-vous pour le grutage à 13h30 (ça c’est du synchronisme !!!). Je n’ai pas eu l’impression qu’il manque quoique ce soit dans le bateau depuis son arrivée, par contre, je pense que quelqu’un est rentré dedans (une réflexion de la femme du transporteur), et a ouvert le coffre (l’élastique de retenu était coincé par le couvercle du coffre, et il me semblait avoir fait attention à ne pas le coincer juste avant le départ de Dell Quay,mais peut-être dans la précipitation du départ… (A noter qu’une échelle de 3 mètres est un minimum pour monter sur le bateau, et le transporteur n’en avait pas, et j’avais laissé celle que nous utilisions à Dell Quay à cause du poids). Au sujet du poids, le transporteur a dit à mon épouse qu’il était en « légère » surcharge de 140kg ! je me demande ce qui se serait passé s’ils étaient tombés sur nos gens de la maréchaussée en mal de zèle. Ce couple de transporteur partait en Espagne chercher un bateau pour le ramener à La Rochelle pour leur voyage de retour.(en laissant la liberté quant aux dates de départ, j’espérais bien bénéficier d’un prix avantageux du à un groupage avec un autre transport.). Voilà l’histoire, peut-être y en aurait-il à rajouter concernant la nourriture et la conduite à gauche au royaume de sa très gracieuse majesté, mais ce serait hors sujet !(AMHA) A bientôt. |
« La solo des fous », une course de 93 Mn en solitaire *Préparation de la courseTrois semaines de cale sèche afin de faire peau lisse, reprendre le gouvernail et refaire la dérive. Un travail laborieux mais qui m’a permis de retrouver une coque presque parfaite. Acquisition d’une nouvelle Grand voile « SELF/HELENE et Fils » Acquisition d’un génois haut de gamme « Conseil Territorial » L’équipement d’ Ososoy est pratiquement complet avec un pilote, de l’électronique et de l’informatique au top L’aller Départ de Saint-Pierre le 11 Août vers midi, avec ma nouvelle grand-voile en place et le génois dans son sac tout juste récupéré à la poste. Un bon vent de 25Nd de sud/sud-est (avec des pointes enregistrées à 43Nd dans la baie) permet une progression rapide jusqu’à 10Nd dans les surfs. Puis dans la soirée le vent mollit et j’établis le spi à la tombée de la nuit. Dans la brume en solitaire la traversée du canal Laurentien demandera une veille permanente. Au matin le vent est complètement tombé, j’en profite pour installer mon nouveau génois : tout simplement superbe et magique, je gagne de 0.5 à 1 Nd au près ! J’arrive aux Iles de la Madeleine samedi matin après 43 heures de navigation. ![]() La course ![]() « La solo des fous » est annoncée pour le 19 Août départ 10h de Havre Aubert contourner le rocher aux oiseaux et retour. Un parcours de 93Mn en solitaire La veille comme beaucoup de skippers, je plonge sous la coque afin de tout vérifier et de donner l’ultime coup d’éponge. Réunion des skippers à 18h. Le handicap de mon bateau est discuté, j’ai un document officiel PHRF avec un handicap de 186. Les années précédentes mon handicap a même été jusqu’à 192. Les responsables de la course ne tiennent pas compte de ce document et m’attribuent 165…. le pire que j’avais imaginé était 177. (Bernard Ozon en 2010 avait obtenu 180 pour son voilier qui a des performances comparables au mien). C’est donc avec un sérieux handicap que je m’inscris, je ne suis pas là pour jouer les marchands de tapis mais…il va falloir voler sur l’eau pour arracher ce trophée. Ceci dit, les locaux étaient également fortement handicapés 16 autres bateaux sont inscrits (un record) dont Bleu Salin’eau d’Eric Tabardel, un open 40 qui est grand favoris, Sarah Priscilla, un Labrador 44, Tire Bouchon de Robert Boudreau et Luz Marina de Bruno Belli (des experts du coin).
Le matin de la course ; les conditions idéales sont réunies, soleil et vent de sudouest à 20 Nd prévu mollir dans la journée. Je prends un très bon départ, au ras des moustaches du bateau comité, ce qui mepermet d’enrouler la bouée de dégagement située à ¼ de Mn au vent de la ligne de départ, en tête de la course. Je prépare mon spi et je l’envoie dès que j’aperçois qu’un des locaux hisse le sien, signe que le relief des côtes autorisera cette manoeuvre. Je garde la tête de la course pendant plus d’une heure, ensuite les « gros » mettent leur voile en place et file vers le nord est, avec Tabardel en tête. Vers 17 heures, mon écoute de spi lâche, je descend le spi, je répare et je le renvoie. Puis constatant que je perd de l’avance sur des bateaux concurrents, j’envoie mon deuxième spi, plus grand. Je passe le rocher aux oiseaux en 4ème position c’est toujours bon. ![]() ![]() Le retour se fait au près sous deux ris et génois en entier, je file 6.5 Nd en moyenne à la tombée de la nuit. La seule erreur de ma part, bien que sachant que le vent allait adonner (donc plus sud) j’estime que je peux passer la ligne d’arriver avant que le vent ne repasse au sud ouest en faiblissant…. je choisi de faire une route directe, je vois Luz Marina devant et Tire Bouchon derrière qui optent tactiquement pour le sud. ![]() A 15Mn de l’arrivée le vent me lâche et je me retrouve à faire un cap abattu vers Cap-aux-Meules en filant à moins de 2 Nd. Je tire des bords et je franchi la ligne d’arrivée à 4h22 le 20 juste derrière 4 vents qui me doit du temps. Je suis cinquième en temps réel, à ce moment le podium se dessine, en sachant que Bleu étant arrivé vers 0h30 la première place lui est acquise. Luz Marina me doit également du temps mais, est arrivé environ une heure avant moi, c’est Tire Bouchon qui arrive soixante-dix minutes derrière avec un coefficient avantageux qui devient dangereux, il a fait une excellent course. ![]() Je suis très satisfait de ma course et je vais me coucher vers 10h30 après que Yoann Busnot ait franchi la ligne d’arrivée, valeureux dernier qui malgré la casse de son vit-de-mulet cinq minutes avant le départ et la panne de son pilote automatique quelques minutes plus tard, boucle le parcours en un peu plus de 24heures. Mais il faut maintenant attendre dimanche soir après les calculs des temps et éventuels réclamations, pour connaître le classement ; j’arrive 4ème de la course, je suis un peu déçu mais je garde un bon souvenir de cette fabuleuse course et je sais qu’un jour « ça va payer ! ». Le retour Par un vent constant de 20 Nd de sud à sud ouest, je quitte Cap aux Meules le 24 Août pour arriver en un temps record de 38,5 heures pour 268 Mn, près de 7 Nd de moyenne, un super retour. Un grand merci à mes sponsors et ceux qui m’ont aidé pour préparer cette course ![]() |
| Une sortie sur un Attalia autour du Grand Colombier (St Pierre et Miquelon ) par 30 à 35 Nds de vent. | |
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