ATTALIAMIS :  Récits    
 
Le convoyage de Fidji
Un Attalia anglais pour la  terranée
La solo des fous

 Une sortie au grand colombier 2011


     Le convoyage de FIDJI

Le projet se concrétise !
Propriétaire d'un Sangria depuis dix ans, un de ces mauvais jours de clapot, vent debout mais grand soleil, trempés jusqu'aux os par les embruns, nous décidons de nous réfugier au Crouesty. Nous croisons quelques bateaux plus gros que nous, sortant faire des ronds dans l'eau pour la journée.  Le temps n'est pas le même pour tout le monde.   "Tu crois que c'est mieux sur un gros ?"  "Evidemment !"  Il y avait déjà quelques mois que le projet me trottait dans la tête, il ne fallait pas manquer l'occasion de convaincre Martine... Après de multiples hésitations, de nombreuses visites d'épaves en vente dans la région, notre choix se fixe sur l'Attalia.

Fidji est un bateau à vendre dans le port de Capbreton. Nous décidons d'aller le voir courant septembre. L'affaire est conclue, nous repartons propriétaires d'un Attalia. Oui mais notre port d'attache est Arzal, il faut ramener Fidji avant l'hiver, nous sommes mi septembre, il reste peu de temps. Branle-bas, appel des amis. Rapidement un plan de convoyage s'échafaude. Alain et Pascal sont prêts pour le voyage, il faut attendre la bonne météo. D'avis de coup de vent en avis de coup de vent, nous voilà fin septembre. Une fenêtre s'ouvre, c'est parti ! 250Mn, 5 nœuds, nous avons trois jours devant nous.

    Il faut y aller !
Nous sommes trois, Alain, Pascal, et moi à regarder la sortie du port de Cap Breton; un long "boyau" dans lequel s'engouffre la houle qui déferle le long de la digue. Michel, notre vendeur, nous prodigue les derniers conseils pour passer dans ce couloir plutôt tumultueux.
 "Pour partir, nous mettrons le moteur à pleine puissance. Nous ferons demi-tour si c'est trop violent ! "

Nous nous présentons face à l'entrée, nous anticipons les mouvements de la houle avant de lancer les 18 chevaux du Volvo. Surprise... c'est plutôt mou l'accélération, juste de quoi nous retrouver engagés dans cette bouilloire. Trop tard, impossible de faire demi-tour, il faut y aller !    Coup de chance, nous sommes partis juste après la plu
s grosse vague, les suivantes sont plus calmes, nous passons.


Contrôle du bateau !

Il fait beau, une grande houle s'installe. Bien sur, le 5 beaufort plein Sud promis est en fait un 2, Sud Ouest  mais... bon, ce n'est pas trop grave, cela permet de nous organiser pour la nuit qui tombe. Apéro, dîner (ce sera le seul du voyage sur le bateau). Nuit étoilée, vent faible, le matin nous cueille avec une houle croisée qui lève des pyramides d'eau. Effet garanti, les visages blanchissent, le mal de mer nous prend d'un seul coup, pas de petit déjeuner ce matin.

Fin d'après midi, à la hauteur de La Rochelle, nous croisons un impressionnant remorqueur qui rentre au port. Bien caché derrière, un bâtiment de guerre se dégage subitement et nous fonce droit dessus. Les douanes !  Ils se positionnent à quelques mètre et nous font signe de prendre contact par VHF : "Nom du capitaine, nombre d'équipiers, lieu de départ, lieu d'arrivée..."   Vérifications faites, ils nous souhaitent bon vent.

Qu'est-ce qu'ils prennent là bas !
Merci la météo! Vent Nord Ouest, 2-3. Nous naviguons toute la journée voiles et moteur car nous devons maintenir une  moyenne de 4 nœuds si nous voulons arriver dans les délais. La houle ne se calme pas, nos estomacs non plus d
'ailleurs. Le ciel change, à droite, sur la terre une immense couche de coton blanc de plusieurs kilomètres de haut s'accumule. A gauche, en mer la même chose mais en noir.

Quelle chance, nous sommes en plein milieu et le ciel est bleu !  Fin de soirée, le spectacle commence. Les orages donnent un feu d'artifice pour tout le monde, à droite comme à gauche, c'est beau. Qu'est-ce qu'ils prennent là bas !

Nous organisons les quarts pour la nuit.  Pascal se repose, Alain et moi commençons la veille. Il y a si peu de vent, que nous décidons de rentrer la grand voile pour naviguer sous génois, appuyé par le moteur (il faut bien avancer).

Minuit, je suis à la barre, Alain sur ma droite. Soudain la température baisse de plusieurs degrés, je sors de ma douce quiétude, le vent monte. Inquiet, j'éclaire l'anémo pour le voir passer d'un coup de 30 à 60 nœuds, Fidji se couche. Pascal, sur la couchette au vent, traverse le carré en vol plané.

"Largue tout !"  Alain choque immédiatement l'écoute de génois, le bateau se redresse, l'anémo est bloqué à son maximum (il y restera toute la nuit). Ça hurle dans les haubans, nous nous mettons à deux pour enrouler le génois. Moteur en route, j'essaie de mettre le bateau face au vent mais rien à faire. Barre à droite au maximum, le ve
nt, bâbord amure nous fait faire de grandes embardées et nous couche à deux reprises.

Soudain, l'écoute de génois, mal fixée, échappe du taquet et se déploie brutalement, il se déchire en claquant comme un drapeau. Sous la pression du vent, la grand voile sort du lazy bag, remonte le long du mat et se déchire par endroit.

Le vent monte encore, les éclaires nous tombent dessus dans un énorme fracas immédiat, la lumière aveuglante nous montre quelques secondes la mer toute blanche puis de nouveau l'obscurité.
Nous sommes dans un épais manteau noir d'encre, froid, zébré d'éclairs dans tout les sens, tantôt des coups de tonnerre, tantôt des déchirements claquement 
sur nous. A un mètre devant nous, sur le pont, à l'horizontal, des rubans lumineux grésillent. "Le diable craque des allumettes" (pour rigoler sûrement.).

Alain monte sur le pont et disparaît dans le noir pour rattraper la grand voile. Il n'est pas attaché ! Soudain, des cubes de glace tombent sur ma tête, ça fait très mal ! Mais il faut  tenir la barre pour limiter les embardées du ba
teau. Terriblement inquiet pour Alain, que je ne vois plus, je lui crie de revenir. Je me fou des voiles, s'il tombe, dans ce vacarme, je ne le saurai pas et toute manœuvre est impossible, je ne suis pas maitre du bateau, c'est le vent qui commande.  Après quelques minutes, qui m'ont paru très longues, je le vois revenir, il a ferlé sérieusement la voile... il était attaché. Nous enroulons de nouveau le génois. Que faire de plus ? Lutter contre le vent avec le moteur et attendre.


Ça recommence !
Soudain, tout s'arrête, le ciel se dégage, nous voyons les étoiles, il fait bon ... Belle nuit d'automne !  Nous sommes complètement ahuris. Que s'est-il passé ? Nous avons du faire un cauchemar. Non, l'état des voiles est bien là pour confirmer l'aventure. Après concertation, Alain me laisse un peu de temps pour me reposer. Je dors un moment.

En me réveillant je sens l'allure du bateau, le bruit du vent. Dehors, Alain est à la barre. "Tout va bien ? "
"Non, je crois que ça recommence!"   En effet, lentement le vent monte et hurle à nouveau dans les haubans.

"Merde... ça remet ça !"   Cette fois, ce n'est pas un orage, je pense qu'il s'agit d'un régime de vent qui s'établit pour longtemps. De nouveau la gîte à sec de toile, de nouveau les grandes embardées. Il va falloir trouver une solution de repli, mais dans le coin il y a peu de refuge. Nous ne gérons plus grand chose, nous subissons. Le moral commence à tomber.  Tien... le vent aussi !  Plus rien, c'est fini.

Nous sommes dimanche, il est six heures du matin,  fatigués, humides, transis. Un point rapide nous situe à la hauteur de Saint Gilles Croix de Vie. Il ne nous faut pas beaucoup de temps pour décider un repli au port.


Quel bonheur, notre premier café chaud depuis le départ, un bon somme, voilà qui fait du bien.


Fin du voyage
Alain doit nous quitter, il travaille lundi. Pascal et moi nous remontrons jusqu'à Arzal. Un jour devrait suffire. Nous consultons  à la capitainerie Météoconsult: Lundi, vent Sud Ouest, force 9.  Pas la peine d'insister, il faut laisser le bateau et attendre des jours meilleurs. Mais nous sommes fin septembre et les chances d'avoir beau temps s'amenuisent. Que dit Météo France ? Lundi vent Sud Ouest, force 5 rafales 6.
Ils sont au moins d'accords sur la direction du vent. Nous décidons avec Pascal de tenter le coup, nous verrons en mer comment ça évolue.


Départ lundi matin 6 heures avec la marée haute. Tout est faux, pas de vent, juste une bonne houle de face. Nous perdons trois heures pour  voir disparaître Saint Gilles. Après l'Ile d'Yeux, le régime s'établit Sud Ouest, force 6 (c'est Météofrance qui gagne). Dommage, plus de voile, il faut naviguer au moteur.

Nous arrivons à l'entrée de la Vilaine vers minuit, c'est marée basse, fort coefficient. Ça va être du sport pour repérer les faibles lumignons qui servent de balise dans la Vilaine. Le chenal n'est pas grand à marée basse.

Pascal, à l'avant, essayant de re
pérer les balises dans l'ordre, m'indique la direction à prendre. A gauche, à droite ...  "Dis donc, tu as l'impression qu'on avance ?"  "Non... "   Ça y est, nous sommes dans la vase !  Plus rien à faire si ce n'est une bonne soupe bien chaude pour nous requinquer en attendant que la mer monte.

Tien, ça bouge, moteur en route, nous arrivons tant bien que mal à avancer jusqu'au ponton de l'écluse. Bateau amarré, tout fermé, nous plongeons dan un sommeil profond. Fin du voyage.

Bilan : l'Attalia est un bon bateau.

Merci Pascal et Alain.    




    Un Attalia Anglais pour la  Méditerranée

Cet hiver, nous avons acheté un nouveau bateau. Un Attalia de 1984 stationné en Angleterre et appartenant à un citoyen britannique.

Il n’était pas neuf, loin s’en faut puisque ayant 25 ans, et au moins 6 propriétaires successifs, et n’était plus utilisé depuis plus de trois ans (à terre). Sur les différents forums où j’en avais parlé, beaucoup m’avaient déconseillé cet achat prétextant la difficulté de franciser un tel bateau ! C’est vrai que ce n’est pas l’option la plus simple, mais il suffit de suivre la procédure et « ça se fait !». Par contre les anglais n’ayant pas la même pression administrative que nous, comprenaient mal tous les papiers que je leur demandais

Lorsque je l’ai acheté je savais tout ça, mais je profitais de la Livre sterling qui était basse, pour faire « Une Affaire ! ».

Ce bateau étant au Royaume Uni, j’aurais pu le laisser sur place.

Cela voulait dire, lorsque nous aurions voulu l’utiliser, aller dans le Sud de l’Angleterre avec tous les aléas climatiques de cette région et, comme je le disais plus haut ce bateau est très usé, et je ne le connais pas ! C’était pour le moins hasardeux.

Mes zones habituelles de navigation étant la méditerranée Est et Ouest- il fallait le ramener,- et là, plusieurs options se sont présentées !

Le convoyage, le bateau n’était pas du tout prêt à reprendre la mer, état du moteur inconnu et solution réputée onéreuse.

Le retour par les canaux n’était pas envisageable compte tenu du tirant d’eau d’un tel bateau (1,80mètre), et la méconnaissance des capacités du moteur!

Le transport par cargo.

Le transport par la route

J’ai demandé des devis, en laissant le libre choix de la date à une multitude de société, dont certaines m’ont aimablement répondues, d’autres pas du tout, mais j’ai pu faire un choix, et là encore du fait de la valeur de l’euro, face à la faiblesse de la Livre sterling, j’ai fait appel à un transporteur local « South West Boat Transport », qui s’est fort bien acquitté de cette tache. 

Ce qui a guidé mon choix : Le prix pour un service identique

J’ai donné la liste des options possibles pour ramener mon bateau dans l’ordre des prix décroissants

Les prix se sont échelonnés de plus de 10000 Euros, pour un transport par Cargo de Plymouth jusqu’à Gènes, revu par la suite à la baisse, (légère la baisse), à ce prix il fallait rajouter le grutage pour le remettre à l’eau et le remater, et le déchargement à gènes pour le ramener à Marseille son port d’attache. (Avec toujours comme problème que le bateau n’était peut-être pas en état de naviguer !)

Ensuite entre 5800 euros et 6500 euros pour un transport sur remorque de son Port à sec en Angleterre, à son Port à sec à coté de Marseille, par des entreprises françaises réputées que j’aurais aimé faire travailler

Et enfin 3500 Livres Sterling (environ 4000 euros au cours du change le jour du Paiement), pour faire réaliser le transport par l’entreprise citée plus haut.

Cette entreprise m’a demandé le paiement de la somme prétextant d’avoir l’argent pour réserver le Ferry, et ne connaissant pas les usages au royaume uni, j’ai réglé l’intégralité de la facture (sans jamais avoir de facture…) !

Elle m’a demandé ensuite tous les papiers du bateau, que je venais juste de faire faire !

Le jour choisi par l’entreprise je me suis rendu en Grande Bretagne pour assurer la mise en place sur la remorque, mais aussi pour charger avec son aide le déménagement de ma fille dans le bateau en effet elle revient au mois de juin après avoir passée une année d’é
tude dans le nord de l’Angleterre.

Quelle ne fut pas ma surprise le soir de m’apercevoir que sur une couchette du bateau se reposait un énorme Lapin en peluche. J’expliquais aussitôt à ma fille le grand risque qui existait à laisser un tel rongeur dans le bateau (en polyester tout de même, mais quand même !), et l’aimable cousin du lièvre regagna la voiture et rentra en France en avion !

La nuit précédent le transport, une véritable tempête se mit à souffler et j’en voulait à ce « Nom de dieu de P. de Lapin » qui commençais à nous porter la poisse !, le bateau vibrait, et je voyait déjà les étais en bois le soutenant se carapater en nous entraînant au tas , sans parler de la grue dont je savais qu’elle ne pourrait nous manipuler avec une telle tourmente. Je me voyais déjà avoir à refaire un voyage en Grande Bretagne!  Ma fille, elle, dans ses rêves, était surprise que nous ayons déjà mis le bateau à l’eau !!! Puis vers 3hoo, une petite pluie commençât à tomber, et petit à petit, le vent se calma.

Le transporteur devait arriver à partir de 8hoo heure anglaise (heure à laquelle le vent était encore un peu trop musclé) et arriva finalement à 10hoo (où le vent et la pluie avaient fait place à une petite brise de « jeune fille » et à un beau soleil que nous avons eu toute la journée) ce qui nous a permis de bricoler jusqu’au dernier moment sciage du mâtereau support d’aérogène que nous ne sommes pas arriver à démonter faute d’outillage.

Enfin, ils sont donc arrivés avec une petite semi-remorque, toute neuve (achetée pour ce transport)

C’est une jeune entreprise qui se limite au transport des bateaux de moins de 5 tonnes. (Il a ainsi fallut que je vide le réservoir d’eau par siphonage la pompe ne fonctionnant pas, car le poids du bateau frisait avec les 5 tonnes avant de mettre son mat sur la remorque). J’ai également fait cadeau des bouteilles de Gaz qu n’étaient pas au standards français, ainsi qu’une ancre non-conforme également, ce qui me faisait encore gagner un peu de poids. J’Aurais pu également jeter les deux batteries du bord car en fait elles étaient mortes malgré « l’aérogène ».

Le chargement et l’amarrage sur la remorque ont pris deux heures bien remplies.

Une fois terminé, le responsable m’a demandé les clefs du bateau pour le cas ou ! (J’avais comme un plomb de sonde au creux de l’estomac !).

Puis le convoi est parti. J’avais décider de les suivre pour m’assurer de leurs aptitudes à la conduite d’un ensemble de véhicule aussi long et aussi large, mais je n’ai pas pu car il fallait que je règle le port à sec pour la prise en charge du bateau et son grutage.

Le port en question Dell Quay yacht yard ne m’a pas fait payer les huit jours du mois d’avril, et m’a fait cadeau de l’électricité consommée depuis notre arrivée. Avec un pot d’antifouling de 2,5 Litres identique à celui passé par le propriétaire précédent, le grutage et un cadenas marine pour fermer le coffre du bateau la facture s’est élevée à 156Livres environ 175 Euros.

Ensuite nous sommes rentrés en France en avion, et avons attendu le convoi à sa destination Port Saint Louis du Rhône où il devait arriver au plus tôt deux jours plus tard (sic) (ceci voulant dire en réalité deux jours plus tard, le plus tôt possible).

Ils sont effectivement arrivé deux jours plus tard à 13hoo avec un rendez-vous pour le grutage à 13h30 (ça c’est du synchronisme !!!).

Ils ont été très aimables, m’ont rendu les papiers du bateau ainsi que ses clefs et m’ont dit n’avoir pas eu de problème particulier, hormis le passage à la douane et à certain péages d’autoroute, ou la largeur du convoi obligeait le passage en « Manuel » (ouverture de barrières autorisant les convoi large).

Je n’ai pas eu l’impression qu’il manque quoique ce soit dans le bateau depuis son arrivée, par contre, je pense que quelqu’un est rentré dedans (une réflexion de la femme du transporteur), et a ouvert le coffre (l’élastique de retenu était coincé par le couvercle du coffre, et il me semblait avoir fait attention à ne pas le coincer juste avant le départ de Dell Quay,mais peut-être dans la précipitation du départ… (A noter qu’une échelle de 3 mètres est un minimum pour monter sur le bateau, et le transporteur n’en avait pas, et j’avais laissé celle que nous utilisions à Dell Quay à cause du poids).

Au sujet du poids, le transporteur a dit à mon épouse qu’il était en « légère » surcharge de 140kg ! je me demande ce qui se serait passé s’ils étaient tombés sur nos gens de la maréchaussée en mal de zèle.

Ce couple de transporteur partait en Espagne chercher un bateau pour le ramener à La Rochelle pour leur voyage de retour.(en laissant la liberté quant aux dates de départ, j’espérais bien bénéficier d’un prix avantageux du à un groupage avec un autre transport.).

Voilà l’histoire, peut-être y en aurait-il à rajouter concernant la nourriture et la conduite à gauche au royaume de sa très gracieuse majesté, mais ce serait hors sujet !(AMHA)

A bientôt.



Ososoy aux Iles de la Madeleine


« La solo des fous », une course de 93 Mn en solitaire

*Préparation de la course
Trois semaines de cale sèche afin de faire peau lisse, reprendre le gouvernail et refaire la dérive. Un travail laborieux mais qui m’a permis de retrouver une coque presque parfaite.
Acquisition d’une nouvelle Grand voile « SELF/HELENE et Fils »
Acquisition d’un génois haut de gamme « Conseil Territorial »
L’équipement d’ Ososoy est pratiquement complet avec un pilote, de l’électronique et de l’informatique au top


L’aller
Départ de Saint-Pierre le 11 Août vers midi, avec ma nouvelle grand-voile en place et le génois dans son sac tout juste récupéré à la poste.
Un bon vent de 25Nd de sud/sud-est (avec des pointes enregistrées à 43Nd dans la baie) permet une progression rapide jusqu’à 10Nd dans
les surfs. Puis dans la soirée le vent mollit et j’établis le spi à la tombée de la nuit. Dans la brume en solitaire la traversée du canal Laurentien
demandera une veille permanente. Au matin le vent est complètement tombé, j’en profite pour installer mon nouveau
génois : tout simplement superbe et magique, je gagne de 0.5 à 1 Nd au près ! J’arrive aux Iles de la Madeleine samedi matin après 43 heures de navigation.


La course
 « La solo des fous » est annoncée pour le 19 Août départ 10h de Havre Aubert contourner le rocher aux oiseaux et retour.
Un parcours de 93Mn en solitaire
La veille com
me beaucoup de skippers, je plonge sous la coque afin de tout vérifier et de donner l’ultime coup d’éponge.

Réunion des skippers à 18h.
Le handicap de mon bateau est discuté, j’ai un document officiel PHRF avec un handicap de 186. Les années précédentes
mon handicap a même été jusqu’à 192.
Les responsables de
la course ne tiennent pas compte de ce document et m’attribuent 165….
le pire que j’avais imaginé était 177. (Bernard Ozon en 2010 avait obtenu 180 p
our son voilier qui a des performances comparables
au mien).
C’est donc avec un sérieux handicap que je m’inscris, je ne suis pas là pour jouer
les marchands de tapis mais…il va falloir voler sur l’eau pour arracher ce trophée.

Ceci dit, les locaux étaient également fortement handicapés 16 autres bateaux sont inscrits (un record) dont Bleu Salin’eau d’Eric Tabardel, un open 40 qui est grand favoris,
Sarah Priscilla, un Labrador 44, Tire Bouchon de Robert Boudreau et Luz Marina de Bruno Belli (des experts du coin).

Le matin de la course ; les conditions idéales sont réunies, soleil et vent de sud
ouest à 20 Nd prévu mollir dans la journée. Je prends un très bon départ, au ras des moustaches du bateau comité,
ce qui mepermet d’enrouler la bouée de dégagement  située à ¼ de Mn au vent de la ligne de départ, en tête de la course.

Je prépare mon spi et je l’envoie dès que j’aperçois qu’un des locaux hisse le sien, signe que le relief des côtes autorisera cette manoeuvre.
Je garde la tête de la course pendant plus d’une heure, ensuite les « gros » mettent leur voile en place et file vers le nord est, avec Tabardel en tête.
Vers 17 heures, mon écoute de spi lâche, je descend le spi, je répare et je le renvoie. Puis constatant que je perd de l’avance sur des bateaux concurrents, j’envoie mon deuxième spi, plus grand. Je passe le rocher aux oiseaux en 4ème position c’est toujours bon.

Le retour se fait au près sous deux ris et génois en entier, je file 6.5 Nd en moyenne à la tombée de la nuit. La seule erreur de ma part, bien que sachant que le vent allait adonner (donc plus sud) j’estime que je peux passer la ligne d’arriver avant que le vent ne repasse au sud ouest en faiblissant….

je choisi de faire une route directe, je vois Luz Marina devant et Tire Bouchon derrière qui optent tactiquement pour le sud.
A 15Mn de l’arrivée le vent me lâche et je me retrouve à faire un cap abattu vers Cap-aux-Meules en filant à moins de 2 Nd. Je tire des bords et je franchi la ligne d’arrivée à 4h22 le 20
juste derrière 4 vents qui me doit du temps. Je suis cinquième en temps réel, à ce moment le podium se dessine, en sachant que Bleu étant arrivé vers 0h30 la première place lui est acquise.
Luz Marina me doit également du temps mais, est arrivé environ une heure avant moi, c’est Tire Bouchon qui arrive soixante-dix minutes derrière
avec un coefficient avantageux qui devient dangereux, il a fait une excellent course.

Je suis très satisfait de ma course et je vais me coucher vers 10h30 après que Yoann Busnot ait franchi la ligne d’arrivée, valeureux dernier qui malgré la casse
de son vit-de-mulet cinq minutes avant le départ et la panne de son pilote automatique quelques minutes plus tard, boucle le parcours en un peu plus de 24heures.

Mais il faut maintenant attendre dimanche soir après les calculs des temps et éventuels réclamations, pour connaître le classement ; j’arrive 4ème de la course, je suis un peu déçu mais je garde un bon souvenir de cette fabuleuse course et je sais qu’un jour « ça va payer ! ».

Le retour
Par un vent constant de 20 Nd de sud à sud ouest, je quitte Cap aux Meules le 24 Août pour arriver en un temps record de 38,5 heures pour 268 Mn, près de 7 Nd de moyenne, un super retour.

Un grand merci à mes sponsors et ceux qui m’ont aidé pour préparer cette course

         
 





Une sortie sur un Attalia autour du Grand Colombier (St Pierre et Miquelon ) par 30 à 35 Nds de vent.