TECHNIQUE : Les comparatifs
Bateaux :
Kelt, Etap 30, Feeling 920, Attalia 32, First 305

Les comparatifs font souvent appel  aux chiffres. Vous trouverz ici l'explication des ces valeurs.  

Accueil Dans son N° 183 de mai 1986 la revue Voiles & Voiliers  fait un comparatif des unités de même gabatit.

Ce dossier  rassemble des données issues d'un comparatif plutot hétéroclite puisqu'il rassembble des bateaux de versions différentes.

Le Gibsea est doté d'un ascatillage amélioré; Le Feeling est voilier de propriétaire (chargé) équipé d'un grand mât; l'Attalia bateau neuf strictement de série; Le First,  bateau de propriétaire (chargé) en version dériveur .  Les comparatifs de performances doivent être prises avec beaucoup de pondération.


Technique
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Gigsea 92, Feeling 960  Attalia 32, First 305

Quatre voiliers, quatre 9m20, tous dotés de vraies cabines privées. Avec ces canotes, toutes les navigations sont permises. A vous les Spitzberg ou les Canaries, l'Irlande ou la Tunisie!  Sans clostrophobie: ils sont spacieux. Ni difficulté, ces bateaux sont faciles à manoeuvrer. Et avec beaucoup de plaisir, car tous se laissent cravacher comme de vrais racers qu'ils sont aussi. Des bateaux chics et speed, sports et choc, qui se tiennet de très près.

Pierre Jean Soler

Grand-voile haute, tangon à poste et sac à spi sur le pont, quatre croiseurs tournent et virent en un ballet silencieux, à la sortie du chenal de La Rochelle. Complices, ils se regroupent. Concurrents, ils se rangent soudain le long d'une ligne de départ. Une rafale de claquements secs, les gréements vibrent, les spis se gonflent et se tendent : c'est parti ! Au largue, les coques prennent la gîte légère de l'allure; quatre jolies vagues se dessinent sous les étraves... En quelques minutes, la belle harmonie de courbes et de couleurs s'éloigne et disparaît dans le pertuis breton.

La taille de l'harmonie
Le bal est ouvert. N'en déplaise à Mélina Mercouri, qui n'œuvre « Jamais le dimanche », le Gib'Sea 92, le Feeling 920, l'Attalia 32 et le First 305 ont largué les amarres pour un week-end de confrontation sans merci.

Neuf mètres (fi des centimètres), c'est la taille de l'harmonie. Pourquoi ? Parce que, comme je le découvre bien vite, ces voiliers sont faciles à dominer. Ils pardonnent beaucoup. Quelle que soit la manœuvre, elle est toujours à la mesure d'un équipier moyen. Il vous arrive de commettre une erreur ? Vous rattraperez facilement l'affaire. Sur le pont, un neuf mètres est un petit bateau. Mais les emménagements n'ont rien à voir avec ceux d'un mouille-cul. Une grande cabine arrière, une vraie cabine avant, du volume pour le carré, la cuisine, la table à cartes, le compartiment toilettes... L'équivalent bateau d'un « F2 » pour les vacances. Le chic et le charme de la mer en plus. Et, à l'intérieur, un neuf mètres, c'est déjà un gros bateau.

Ils sont partis pour en découdre, ces croiseurs paisibles et confortables qui jouent pour l'occasion les racers de régate. Lorsque les spis ont claqué, le First 305 était devant. A son vent, légèrement en arrière, le Feeling 920 et l'Attalia, bord à bord, s'attaquent déjà au lof tandis que le Gib'Sea 92 envoyait la toile. Tout le monde au rappel, la barre au bout du stick, l'écoute en main, pour un réglage permanent...
Les vagues d'étrave s'allongent; 6 nœuds, 6,5 nœuds. Pendant que le Feeling 920 attaque inlassablement l'Attalia 32, le First 305 marque prudemment ses deux poursuivants. Plus loin, le Gib'Sea 92 semble remonter.

Au largue
Guerre des nerfs : le Feeling a fini par passer. François, à la barre de l'Attalia 32, n'entend pas en rester là et prépare sa revanche. Mais un ciré lève un bras. A cette invite du maître de cérémonie, les spis retombent sur les ponts pour attendre le Gib'Sea de Didier, injustement écarté de ce bord par un spinnaker au cœur croisé.
A renvoyer, pour un second bord de largue.
Le jeu est plus serré, cette fois, comme si les concurrents, excités par le premier bord, se trouvaient plus motivés. Les largues sont toujours bons pour juger les bateaux; ils atteignent là leurs meilleures vites ses et le contrôle du bateau par le barreur y est plus délicat. Rien à redire pourtant. Si le Gib'Sea 92 et l'Attalia ont presque simultané- ment amorcé un départ au lof, c'est que leurs skippers montaient déraisonnablement dans le vent lorsqu'une risée les a surpris. Sauvage, la régate !
Résultats : en tête, le Gib'Sea 92, qui n'a pas seulement marqué ses poursuivants, mais a même pris quelques longueurs d'avance. Derrière, le Feeling 920, qui a d'abord passé le First 305 pour aller se frotter à l'Attalia 32. Je te passe, tu me passes... Donnons-les ex aequo. Le First 305, souffrant d'un spi nettement trop creux pour « larguer » comme les autres, s'est pourtant offert le luxe de refaire une partie de son retard lorsque Eric, son skipper, a envoyé l'équipier remonter la dérive.
Original de la flotte, le First 305 est venu en effet sans quille. Mais il s'agit d'un « dériveur Bénéteau », et non d'un dériveur lesté ordinaire (lire l'encadré « Tirants d'eau réduits »). A l'heure de la méridienne, les équipages, réunis sur le Gib'Sea 92 (le seul voilier armé d'une cafetière : merci Christine !), refont le plein d'énergie à coups de sandwichs... Bref intermède au mouillage, avant l'épreuve du près.


Au près
Tous les équipiers ont enfilé les tenues de combat : parés pour la bagarre contre le vent !
Dans les cockpits de la bande des quatre, qui tirent des bords pour s'échauffer, les ténors ont pris la barre. Tous des pros. Des champions dans l'ombre, coureurs maison délégués par les chantiers pour cravacher les montures. Eric Cadro (Kirié), Didier Crescence (Gibert), François Giroud (Jeanneau) et Eric Ingouf (Bénéteau) : autant de fines barres qui méritent un beau coup de casquette de marin.
Force 3 et mer plate : l'idéal pour tirer la quintessence de ces bons gros croiseurs aux res- sources surprenantes. Premier bord. Cols relevés et jambes dehors pour les équipiers. Et ça bataille ferme.
Le résultat? Je sais, vous voulez du sang...

Vous n'en aurez pas. Car il y a moins de différences de vitesse entre ces quatre-là qu'entre le TGV et un omnibus. Comprenez bien : si l'un des protagonistes « décrochait », ces voiliers seraient plus faciles à situer les uns par rapport aux autres. Las ! Je suis bien obligé d'insister : tout se passe ici en nuances.

Retenons l'essentiel, en forme de constatations objectives. La première, et de loin la plus évidente : le Gib'Sea 92 « marche » comme un avion. Cap et vitesse. Tout pour lui. Mais le respect de la vérité m'oblige à préciser aussitôt que ses voiles sont superbes et qu'il y a, sur le pont du voilier de l'essai, tout plein de petites choses et de petits bouts qui enlèvent moins à la valeur du bateau qu'au panache de sa victoire.


Derrière, un paquet de trois poursuivants, aux différences de vitesse imperceptibles. L'Attalia a certes réussi à passer le First et à remonter un peu le Feeling. Mais, très froidement, sans coup de cœur, c'est au First 305 que je décerne la palme. C'est bien la première fois que je vois un dériveur lesté - dernier à la fin de ce bord - s'accrocher avec autant de brio à une meute de quillards.
Avec ses deux safrans, ce 305, si l'eau des pertuis était du lait, il y a belle lurette qu'il en aurait fait du beurre salé ! Le cap n'est pas très serré, mais la vitesse demeure suffisante : le résultat de la remontée dans le vent est étonnant... Cette fois, la lanterne rouge a la forme d'une Légion d'honneur !
Virement, second bord. Après une demi- heure, le Feeling vient taquiner le tableau du Gib'Sea. Non loin derrière, l'Attalia et le First font pratiquement jeu égal. Avec un petit plus en cap pour l'Attalia.




Vent arrière
Le ciré lève à nouveau le bras : pour avoir l'écluse de Saint-Martin-de-Ré, il faut rentrer sans tarder. Exit les génois, revoilou les spis. Pour cette fin de journée, à l'allure du vent arrière, il est inutile de scruter les positions relatives des bateaux pour tenter d'en voir un remonter l'autre : tous quatre ont droit à la première place. Noté, sur le First 305, toutefois,une petite tendance au roulis, sans doute provoquée par la conjonction d'un gréement S et d'un centre de gravité assez haut lorsque la dérive lourde est relevée.
Au loin, dans ce bleu de fin de journée, l'entrée du petit port n'est pas facile à trouver.
Nous nous apercevrons même, à l'approche de l'étroit goulet, que la perche qui balise les cailloux, en bordure du chenal, n'est plus à sa place... Les spis ne tomberont qu'après la jetée. Et le capitaine du port, lui, se pose quelques questions. Quatre bateaux d'un coup, une quinzaine d'équipiers en fin d'hiver, les aoûtiens deviennent-ils marsiens ? Ce soir-là, au restaurant, c'est un peu la fièvre. Ça chauffe, à table.

Mais, au matin, ça gèle encore sur les ponts. Quatre équipiers tard levés galopent sur les pontons pour sortir in extremis du bassin à flot avant la fermeture de l'écluse...

Bon plein en pertuis
ROUTE DIRECTE SUR l Rochelle. Nos quatre croiseurs auront un long bord de bon plein à tirer. Regroupement. Le ciré agite le bras. Nous allons voir ce que nous allons voir ! Du sang ?
Non. Mais quelques surprises, pourtant.
Parti en tête, impérial, le Gib'Sea a renouvelé sa belle démonstration. Pendant une bonne moitié de la route, le Feeling taquine son tableau tandis que, juste derrière, le First fait jeu égal avec l'Attalia.
La brise qui refuse impose un petit bord au ras des cailloux : aidé par un contre-courant favorable, l'Attalia reprend du poil de la bête. Il rejoint le tableau du Gib'Sea. Sprint final : le Gib'Sea passe la digue le premier suivi de près par l'Attalia. Etonnant, déci- dément, ce First dériveur qui parvient à « se refaire » dans le louvoyage final de l'entrée de La Rochelle. Tandis que le Feeling, jouant de malchance, perd sa chemise en un bord suicide, dans le fort du courant.

Reste la conclusion de ce bord (qui vaut pour l'ensemble de l'essai) : après dix milles d'une superbe prestation des barreurs, concentrés comme s'ils défendaient leur tête, l'écart entre le premier et le dernier y compris l'erreur de son bord suicide - n'excède pas deux cents mètres. C'est vraiment peu. Moralité : ce ne sont pas tant les performances qui font la différence, que la conception et la qualité des emménagements. Ce que nous vous détaillons dans les pages suivantes. Ainsi, le sang n'a pas coulé. Un jour j'inviterai un canote tout à fait dépassé à l'un de ces essais. Un voilier d'avant-hier, probablement. Et je pourrai enfin écrire : «Ah ! celui-là, il était carrément nul. On lui a tourné autour... » Et je recevrai une pleine corbeille de lettres de lecteurs qui me féliciteront pour l'objectivité des essais comparatifs !                        

Ponts
Sécurité. A bord de ces voiliers, la circulation s'effectue sans difficulté. L'immense plage avant de l'Attalia, dégagée par le dessin du rouf, est même particulièrement appréciable. Pourtant, l'excès de rondeur des hiloires (c'est un élément de confort en position assise) nécessite un brin d'attention au sortir du cockpit, sauf sur le Gib'Sea 92, dont les hiloires sont moins galbées.
• L'antidérapant de ces quatre voiliers est correct, sans plus, identique à ce qui se fait habituellement... et qui pourrait être amélioré. Depuis vingt ans, les antidérapants n'ont guère évolué.
• Manœuvre. Deux crocs, au point d'amure du First 305. Un mousqueton, sur les trois autres voiliers... L'idéal serait, bien sûr, une paire de mousquetons.
• Les plans de pont, en dehors de ces détails, sont en tous points comparables. Notons cependant les réas supplémentaires (livrés en série) pour les renvois au cockpit, sur le Gib'Sea 92, et deux détails appréciables sur le First 305 : les palans de réglage du chariot de barre d'écoute et des avale- tout de rail de foc sont livrés en série.
• Mouillage-amarrage. Un perfectionnement agréable : les chaumards du First 305 (de vrais chaumards et non des fils d'inox) sont munis de petits rouleaux qui diminuent le ragage et facilitent la manœuvre. Bravo ! Voyez aussi les bailles à mouillage : celle du Gib'Sea 92 est particulièrement bien moulée, tandis que celle de l'Attalia 32 est verrouillable.

Cockpits

• A la barre. J'ai peu apprécié les hiloires galbées lorsqu'il faut circuler debout, autour du cockpit. Mais quel confort, en position assise ! Surtout à bord de l'Attalia 32 et du First 305, où l'on dispose d'un stick télescopique. Et le teck. Les larges lattes légèrement espacées du Gib'Sea 92 et du Feeling 920 sont parfaites. L'on y est toujours au sec. C'est un peu en retrait à bord dû First 305, où les lattes sont simplement posées sur les bancs (l'eau s'évacue moins bien). L'Attalia 32, lui, ignore cet élément de confort.
• Circulation. Bravo pour la jupe du First 305, agréable pour passer d'un ponton au bateau ou, en été, pour plonger ! Vive les vacances !
• Equipement. Si vous aimez l'électronique, vous pourrez décorer la descente du Gib'Sea 92 et du Feeling 920 de cinq ou six répétiteurs, puisque leurs constructeurs ont prévu des consoles.
• Sécurité. Dans les cockpits, les bibs sont accessibles et bien placés... sauf sur le Gib'Sea 92, où il faut plonger dans le logement prévu à l'intérieur du coffre latéral. Dommage, d'autant que Gibert équipe maintenant quelques-uns des voiliers de la gamme d'un coffre extérieur, logé dans le tableau. L'idéal.

Descentes
Les plus belles descentes... ne sont pas toujours les meilleures ! Voyez celle du Gib'Sea 92, par exemple. Rien pour séduire dans un salon nautique. Mais, en mer, elle est parfaite : des marches profondes, dotées d'un bon antidérapant et larges, larges, sur les côtés... Celle du Feeling n'est pas mal non plus. Les deux autres, moins pratiques, sont fort belles.

Un mot des capots de descente. L'étanchéité est soignée. Les rails deTéflon permettent de les faire glisser du bout du doigt.

Gréements
Deux gréements strictement de série, lors de cet essai : celui de l'Attaia 32, doté d'un étage de barres de flèche, et celui du Gib'Sea 92, à deux stages. Le double étage de barres de flèche constitue un « plus ». Il n'est disponible qu'en option sur le Feeling 920 (version « grand mât ») et le First 105 (version « S »). Bénéfice de cette formule ? Un mât de section plus mince. Avec, en corollaires, un meilleur rendement aérodynamique et un poids réduit dans les hauts. Le First 305 S est même équipé de bastaques, à l'usage plus encombrantes que nécessaires en raison de la solidité du profil de mât. Elles peuvent en tout cas servir au contrôle du cintre du mât.

Cabines
• Cabines arrière. Que faut-il attendre de ces cabines arrière glissées sous un cockpit? De l'espace, de l'air et de la lumière. C'est ce qu'offre nos quatre voiliers. Avec un léger avantage à la cabine arrière du First 305. Même si elle manque un peu de hauteur sous barrots, les dimensions de la couchette sont un rien plus grandes. Et, surtout, l'on y dénombre pas moins de trois hublots ouvrants et deux fixes. Vraiment agréable ! En revanche, l'espace de dégagement, à l'entrée de la cabine, est trop compté. Ceux du Gib'Sea 92 et de l'Attalia sont nettement plus confortables.
• Cabines avant. La couchette avant du Gib'Sea 92 semble un peu courte, mais il suffit de faire pivoter la porte de la penderie pour lui donner une taille normale. Quant au reste des détails, notons les aérateurs qui ornent les capots du Gib'Sea 92 et du Feeling 920; ajoutons enfin deux petits équipets supplémentaires, de part et d'autre de la baille à mouillage du First 305.

Bateaux

Longueur

Largeur à la tête

Largeur aux coudes

Largeur aux genoux

Largeur aux pieds

Gipsea 92

 

 

 

 

 

Couchette avant

215

136

114

71

41

Couchette arrière

186

156

142

123

96

Couchettes carré

182

85

67

53

36

Feeling 920

 

 

 

 

 

Couchette avant

218

138

144

86

38

Couchette arrière

180

150

136

100

75

Couchettes carré

185

55

51

46

34

Attalia 32

200

179

131

82

20

Couchette avant

190

157

139

112

92

Couchette arrière

191

60

59

56

44

Couchettes carré

 

 

 

 

 

First 305

 

 

 

 

 

Couchette avant

203

135

107

68

37

Couchette arrière

185

156

147

125

107

Couchettes carré

185

60

60

60

60

Les largeurs des couchettes sont prises à la tête, aux coudes (à 60 centimètres de la tête), aux genoux (à 120 centimètres de la tête), aux pieds (à 180 centimètres de la tête).


Cuisine
Imposantes, ces cuisines de bateaux de 9 mètres dans lesquelles l'es- pace n'est pas compté. De vraies cuisines de mer, même s'il manque aux

Peeling 920 et Attalia 32 la barre de protection en inox qui, devant le réchaud, peut servir aussi de main courante. Celle du First 305 est même munie d'anneaux permettant de gréer une sangle.

Seul le four du Gib'Sea 92 est livré en option, mais ce voilier offre (comme l'Attalia 32) une alimentation en eau de mer. Et, c'est digne d'un plus gros bateau, la pompe de l'Attalia est électrique.

Imbattable, le double évier du First 305, mais notons cependant que les éviers simples du Gib'Sea 92 et du Feeling 920 sont complétés d'un mini égouttoir.

Les glacières sont assez volumineuses et les volumes de rangement toujours suffisants, surtout ceux du Feeling 920... Mais pourquoi les constructeurs du Gib'Sea 92 et du Feeling 920 négligent-ils la poubelle ? Un accessoire indispensable et véritablement peu coûteux...

 

Toilettes

• Coins lavabos. Superbes miroirs sur l'Attalia 32 et le Gib'Sea 92 mais, sauf à se plier soigneusement... l'on n'y voit que son propre nombril !

• WC: Un comble : le WC de l'Attalia 32 est si vaste que l'on pourrait presque avoir du mal à s'y caler.

Deux bons points : un premier pour le Gib'Sea 92, où le grand hublot ouvrant (presque un panneau) offre une aération parfaite. Un second pour les vannes du Feeling, qui tombent sous la main.

Equipements-confort.: Vous penserez évidemment à gréer des rideaux lorsqu'ils ne sont pas fournis.

 

Tables à cartes

La table à cartes de l'Attalia est sensiblement plus large que les autres. Mais elle n'atteint pas cependant le format « grand aigle » (105 x 75). La mieux équipée, au plan des rangements, est sans conteste celle di First 305. Il n'y manque ni le fourre-tout, ni la bibliothèque. Pour obtenir la table à cartes idéale, il faudrait ajouter cependant le banc latté et incurvé du Feeling 920, aussi pratique au large qu'au port.


Carré

Coup d'œil général : hormis le Gib'Sea 92, dont le carré témoigne à l'évidence d'un parti pris de simplicité, les trois autres montrent une recherche plus fouillée. Ebénisterie moderne et claire à bord du First 305 ; vernis satinés et tons chauds sur le Feeling; classicisme pour l'Attalia 32... L'esthétique est affaire de goût et chacun suivra son cœur. Mais voyons aussi les éléments objectifs.

• Lumière. Outre les hublots latéraux, l'Attalia 32 offre aussi deux grands hublots fixés sur la face avant du rouf. Encore mieux : le First 305 est doté, lui, d'un capot coulissant en plexiglas teinté, en avant du panneau de descente. Le carré s'en trouve véritablement inondé de lumière et l'on appréciera aussi, en été, la possibilité d'ouvrir ce vaste panneau.

• Confort. Les sièges du Feeling 920 sont remarquablement confortables, tout comme ceux dont est équipé le First 305 de l'essai (malheureuse- ment, ils ne correspondent pas au modèle de série).

• Equipements. Bravo pour les ramasse-poussière intégrés au plancher. Et gageons que le constructeur de l'Attalia installera bientôt ce menu mais précieux perfectionnement.

• Dimensions. Bizarre : le First 305, qui est le voilier le plus large de l'essai, dispose du carré le plus étroit. Où est l'erreur ?

Equipements

• Sécurité. La pompe de cale de l'Attalia 32 est dans le coffre Faut-il exclure le risque d'une voie d'eau par gros temps, qui obligerait un équipier à ouvrir en grand le coffre extérieur pour pomper ?

• Installation électrique visible. En revanche, l'Attalia 32 est le seul voilier à offrir une prise 12 volts

Serait-ce pour y brancher une pompe électrique ?

• Installation électrique non visible. L'Attalia 32 est encore à citer : les fils. électriques sont connectés, en pied de mât, par des prises étanches. Il est donc heureusement inutile de démonter les vaigrages pour débrancher les fils lors d'un démâtage. Quant au Gib'Sea 92, il est doté d'un tube solidaire du pont et de la coque, garni de messagers; ce tube court depuis la console à instruments qui surmonte la descente, jusqu'au panneau à instruments de la table à cartes. Une finesse que vous apprécierez énormément à l'heure d'installer l'électronique.

• Moteur. Les installations méca- niques de ces quatre voiliers sont comparables. Mais il y a fort à parier que Gibert changera très vite l'emplacement des commandes.

Coclusions

Speed ou chics, sports ou choc, il faut en venir à l'heure des choix. A vous de jouer, en fonction de vos goûts. Speed, sports et choc. Le Gib'Sea 92 a montré sur l'eau d'excellentes performances. Même si le modèle testé est un peu améliore par rapport à une version strictement de série, il s'agit incontestablement d'un voilier sensible et rapide. L intérieur, traite avec sobriété, se distingue par la priorité accordée aux aspects fonctionnels. Mais un brin de design serait un « plus » attractif, d'autant que Gibert trouverait là une originalité le démarquant du style vers lequel convergent la plupart des constructeurs.

Chics, sports et speed. Rapide, sportif à l'occasion, le Feeling 920 s'est habillé à l'intérieur en tenue de ville. Comprenez que les emménagements, où le volume est parfaitement utilisé, impressionnent par la qualité de l'ébénisterie et nombre de détails agréablement peaufinés... Et, aussi, par leur adaptation à la mer, comme en témoigne en particulier la table à cartes. Choc, sports et chics : l'Attalia 32 navigue avec discrétion, avec tranquillité. Belle silhouette qui séduit : après tout, c'est important, non ? Valeureuse prestation sur l'eau d'un voilier strictement de série (même ses voiles étaient « standard »). Quant à l'intérieur, il est traité dans un style un rien classique mais élégant. Si la cabine arrière manque d'un brin de lumière, le carré est agréablement entouré de hublots de grande taille. Et puis l'Attalia 32, c'est aussi la qualité, une qualité omniprésente, peu visible et pourtant si évidente à l'équipage.

 

Speed, chics et choc. A voir les performances du First 305 dériveur, nul doute que le quillard, qui devrait « mar-cher » encore mieux, soit un bon canot. Speed, le dériveur, et choc, le concept bisafran imaginé par Bénéteau pour apporter une solution nouvelle à l'éternel problème du tirant d'eau. Quant à l'intérieur, le vaste capot coulissant qui prolonge celui de la descente donne un éclairage nouveau à l'intérieur tout de teck et de courbes lamellés. En attendant de connaître votre choix, voici le mien. Purement subjectif. Mon coup de cœur... Je prends la caréné du Gib'Sea, l'intérieur du Feeling, la silhouette de l'Attalia et la dérive du First... Le reste est affaire personnelle, une question de nuances entre lesquelles cet essai comparatif doit vous permettre de trancher.

 






Voici les commentaires de Voiles & voiliers 20 ans après dans son hors série: "Voiliers d'occasions"




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