Pari tenu :
l'Attalia
a séduit les plaisanciers lassés de ces voiliers prétendument rapides,
dont les performances sont dues à des équipages rompus à toutes les
finesses tactiques et techniques. Volumineux, mais sans exagération,
docile mais pas balourd, l'Attalia apparaît comme un bon compromis aux
yeux des utilisateurs appréciant de vivre la croisière dans un bon
confort, sans avoir pour unique point de repère les tableaux arrière
des autres bateaux. Les remarques des propriétaires, il y a vingt ans
et encore aujourd'hui, font état d'un sentiment de facilité et de
simplicité de manoeuvre. |

|
Construit
selon le procédé usuel chez Jeanneau (cloisons
structurelles, sans contremoulage), l'Attalia peut être
considéré comme un bateau robuste n'ayant pas
fait dans ce secteur l'objet d'économies. On ne peut en dire
autant du côté des emménagements.
Sortis de chantier, ils pouvaient certainement faire bonne impression
et durant les premières années ne pas souffrir
d'une utilisation en bon père de famille. Mais, vingt
après, on constate que les bateaux non scrupuleusement
entretenus peuvent faire piteuses figures : fuites aux hublots de rouf,
porte coulissante impossible à manoeuvrer, placards ne
fermant plus, vaigrages décollés, vernis
pitoyables et Plexiglas des capots dangereusement
faïencés sont les principaux maux qui affectent les
Attalia trop délaissés. Ce qui
n'empêche pas parfois de grotesques prétentions de
certains vendeurs. Heureusement, l'occasion offre des unités
saines et propres qu'un peu de patience suffit à
dénicher. Le choix est possible entre une version quillard
ou dériveur. C'est davantage la zone de navigation que les
performances au près, sensiblement comparables, qui doit
faire pencher la décision. |
 |
|
Mars 19884
Prix départ chantier avec grand voile, génois médium, tourmentin, version hors-bord, quillard: 228 340 F
Version quillard avec Volvo 2002R ou Yanmar 2GM : 257 106 F
Option dériveur lesté : 6 435 F
Option:
Béquilles: 2 173 F
Tangon : 13 16 F
Accastillage spi: 2 480 F
Spi: 6 176
|
Coque et pont :
Robuste construction
Construit dans le pur style du
chantier Jeanneau, le rôle des cloisons maîtresses
est essentiel dans la rigidité de la coque.
C'est à leur base
(décollement de la stratification) que se détecte
un éventuel talonnage sévère. Le
varangage va de l'avant de l'épontille à
l'arrière du lest. Les zones
délimitées par les varangues ne sont pas toutes
équipées d'anguillers menant au puisard, avec
pour conséquence des rétentions d'eau.
Manao,
notre bateau test, date de 1985. Comme sur la plupart des Attalia que
nous avons examinés, le farinage de la coque est important.
Cela n'implique pas forcément de repeindre, un
lustrage/polishage suffit généralement
à redonner un meilleur aspect au bateau. Une jupe a
été rapportée il y a quelques
années. A défaut d'une finition exemplaire, sa
solidité et son utilité pour monter à
bord par l'arrière sont incontestables.
Le
bateau a été traité contre l'osmose
curativement, en 2003, par un chantier professionnel, avec une garantie
associée. On ne note pas d'éclats importants sur
le gel-coat du pont de Manao qui, à ce titre, fait figure de
privilégié. La proximité des points
d'efforts, cadènes, chandeliers, est exempte de
microfissures.
Des
traces d'humidité persistantes, sur le bordé de
la cabine arrière, ne sont pas autrement explicables que par
de petites infiltrations d'eau provenant de la liaison coque/ pont.
Seuls le dégarnissage et la dépose du vaigrage
permettraient de mettre en évidence ce problème
plus gênant que grave. D'une manière
générale, Manao apparaît comme une
unité saine.
Bien
vu :Le safran à l'ancienne, derrière un aileron.
Mal vu : En version dériveur, le safran porte sans protection au béquillage.
|
|
A
l'intérieur : Entretenez-moi, SVP !
L'aménagement
de l'Attalia est largement tributaire de la longueur de la cabine
arrière et du compartiment toilette, qui occupent presque le
tiers arrière du bateau. Le carré est donc en
avant du maître bau, l'épontille de mât
traversant la table en son milieu. Cette disposition donne une
réelle impression de volume lorsqu'on
pénètre dans un Attalia. Malgré la
longueur des banquettes (1,90 m), le poste avant est encore de
dimensions fort acceptables pour un bateau d'à peine plus de
9 m. La table à cartes et le coin cuisine sont bien
réalisés pour un usage en mer.
Toujours
préoccupé par le souci de rester dans des limites
de prix supportables pour le plus grand nombre, Jeanneau n'a pas fait
d'excès de zèle. Les rangements sont
plutôt des équipets que des placards. Lorsqu'il y
en a, les fermetures par cocottes plastique ont la plupart du temps
rendu l'âme.
La
qualité des boiseries, des vernis exige une attention
suivie. A défaut, l'intérieur n'est pas engageant.
Ce
n'est pas le cas de Manao. Cet Attalia a connu quatre
propriétaires. Il illustre de belle manière le
résultat d'un entretien sérieux. Tous les vernis
ont été refaits, planchers compris, et les
vaigrages textiles recollés au fur et mesure de la demande.
Autour des hublots de rouf, les chants des bois de placage ont
été recollés et présentent
bien, même si la chasse à la fuite est un combat
à long terme. La porte isolant le poste avant, coulissante
au départ, ne mérite plus cette appellation et se
manoeuvre avec difficulté.
Les
housses des banquettes et de la literie sont d'origine, en parfait
état. Le tissu était de qualité.
Bien
vu: Le volume habitable, Le coin navigateur.
Mal
vu: Le manque de rangements, L'aération de la cabine
arrière.
|
 |
Gréement
et accastillage : Bien, mais...
Sur
des unités de 20 ans et plus, le constat est souvent le
même. Le moteur a été changé
ou révisé tandis que le gréement
dormant est d'origine. La peur du gendarme ne joue pas sur les
câbles en inox (à de rares exceptions toujours en
bon état apparent), et le remplacement par
précaution est peu répandu, hors du milieu de la
course. Pas de surprise donc sur Manao qui exhibe toujours son
haubanage de 1985 !
Sur le plan de l'accastillage, le
seul remplacement significatif concerne les winches
d'écoutes de génois, aujourd'hui
équipés de self-tailing. Le pouliage, les
réas de tête de mât et de
bôme, les chariots et rails sont en parfait état
de fonctionnement sur ce bateau qui, de toute évidence, n'a
jamais été maltraité. Le Plexi des
hublots et capots commence cependant à accuser son
âge, mais nous avons vu bien pire sur d'autres Attalia. Le
léger jeu constaté sur le safran ne provient pas
de l'usure des bagues, mais semble être dû au
carré de tête de mèche qu'il faudra
certainement faire reprendre un jour ou l'autre.
Travaux
et coûts : Un voilier à bichonner
Tous
les bateaux, sans exception, doivent subir des travaux d'entretien,
mais tous ne sont pas égaux devant l'épreuve du
temps. Economique, dans la logique de l'époque du chantier,
l'Attalia a besoin d'être bichonné. Au programme,
le lest (brut de fonderie) qu'il faut décaper à
blanc, laisser sécher avant d'appliquer primaire, enduit
époxy et antifouling. Un traitement osmose sera certainement
à refaire ou à entreprendre tôt ou tard
(entre 3 000 et 3 500 e), un traitement préventif sur une
coque à l'eau depuis plusieurs années
équivaut à poser un cautère sur une
jambe de bois. Sauf pour les téméraires, le
gréement dormant est évidemment à
remplacer (entre 800 et 1 000 e). Lorsque les Plexi sont
très opacifiés, ils deviennent dangereux et sont
à changer. Un bon bricoleur, patient et
méthodique, en viendra facilement à bout. Il
terminera ce travail par la réfection des vernis. Tout cela
peut sembler lourd à supporter, mais l'Attalia
étant robustement construit, il ne s'agit pas d'une
opération à fonds perdus.
Coût
annuel (hors frais de port)
Francisation
–
Assurance
386 €
Carénage
289 €
Entretien
moteur 120 €
Sécurité
env. 160 €
Total
955 €
.(Revue
Bateau 1984)
La sortie de
l'Attalia par le chantier des Herbiers tient en quelque sorte du
contre-événement. Pendant des années,
l'idée prévalait que seule la
compétition était capable d'assurer la promotion
d'un modèle, et l'amateur de croisière se voyait
proposer comme unique choix le vainqueur de telle ou telle Cup, le
nombre de courses et de catégories permettant toujours de
constituer un palmarès présentable pour la
publicité.
Malheureusement,
les impératifs de la jauge entrent souvent en contradiction
avec ceux du confort de la croisière. Si l'on part du
principe tout à fait raisonnable que les dimensions du lit
double de la cabine arrière intéressent beaucoup
plus de clients potentiels que la position de la chaîne
arrière, il faut abandonner le joug de l'IOR et, pour un
chantier de cette taille, la décision est d'autant plus
méritoire qu'elle fait dépendre la
réussite d'une fabrication importante de la sagesse des
plaisanciers.
Sous voiles
l'Attalia est éblouissant d'aisance. Rapide et puissant il
surprend pour la facilité du contrôle de sa
progression et l'extrême
légèreté de la barre qui s'ajoute
à son équilibre naturel.
Les
manoeuvres sur l'Attalia s'enchaînent sans effort pour un
équipage familial, aidé par un accastillage
généreux disposé avec
précision. Cadènes et rails d'écoutes
rentrés, bridge deck participent également
à l'efficacité des réglages et de la
circulation sur le pont.
Conception-construction
En se
libérant des contraintes de la jauge, il ne fallait pas non
plus tomber dans l'excès inverse et faire payer le confort
par des sacrifices démesurés en
matière de prestations sous voiles. II est certain que le
choix de Michel Joubert comme architecte pour ce projet
était une manière judicieuse de limiter les
risques. Sa capacité à dessiner des coques
rapides bien que volumineuses n'est en effet plus à
démontrer. On peut également supposer que,
à travers cette option, le chantier Jeanneau visait un des
spécialistes du dériveur lesté, cette
formule, qui, elle aussi, a fini par battre en brèche la
domination injustifiée du quillard dans le domaine du
voilier de croisière.
Comme on
pouvait s'y attendre, le résultat n'a rien d'outrancier et
l'Attalia n'affiche aucune lourdeur, même si l'importance de
son tableau arrière trahit la
générosité de ses volumes. La
comparaison des caractéristiques montre même que
l'embonpoint reste limité en comparaison d'un half-tonner de
série comme le Rush et ne dépasse pas deux cents
kilos pour un poids à vide supérieur à
trois tonnes.
Le gain de
hauteur à l'intérieur de la coque a
été obtenu en surélevant
légèrement le pont par rapport à la
tonture de dessin classique. Le pont étant pratiquement
horizontal, l'écart est maximal vers le maître
bau, souligné par le tracé divergent du liston et
du rail de fargue. La faible pente du rouf dont la retombée
ne commence qu'en avant du mât constitue un autre atout
favorable à l'habitabilité. Mais on reste tout de
même plus près du rouf en sifflet que des
superstructures du style autobus, et il semble bien que l'on ait
hésité à jouer le jeu de la
croisière jusqu'au bout afin de conserver une silhouette un
peu sportive. Il faut dire également que, sur les bateaux
modernes, la concentration des diverses activités de la vie
du bord dans la zone arrière diminue l'exigence d'une grande
hauteur sous barrots devant le mât, le poste avant servant
surtout de lieu de repos.
Prévu
d'origine pour une version dériveur lesté,
l'Attalia a été doté d'une largeur
importante pour privilégier la stabilité de
formes, mais cette option exerce aussi une influence positive sur le
volume général, particulièrement au
niveau de la descente qui correspond à L'emplacement du
maître bau. Un croiseur moderne se doit d'être
rapide et, dans ce domaine, I'Attalia utilise des recettes classiques :
importante longueur à la flottaison et plan de voilure
performant. L'allongement de la grand-voile est favorable aux allures
de près tandis qu'un grand triangle avant procure de la
puissance au portant avec un spi dépassant 70m2. Les
chiffres montrent cependant qu'il s'agit d'un plan de voilure assagi
par rapport aux unités sportives, ce qui entamera surtout la
nervosité par petite brise. Mais, en gros, les
possibilités sous voiles de l'Attalia ne doivent pas
s'éloigner considérablement de celles des
modèles réputés plus sportifs dont il
est supposé se différencier.
En ce qui
concerne la construction, les techniques utilisées par les
chantiers Jeanneau ont largement fait leurs preuves, même si
elles paraissent un peu en deçà de la dimension
industrielle de ce constructeur qui préfère les
solutions simples à une sophistication plus difficilement
contrôlable. C'est ainsi que, malgré l'importance
de la production, le visiteur est surpris de ne voir aucune
chaîne de montage, ce qui enlèverait tout aspect
spectaculaire sans le nombre et la taille des ateliers.
II faut
noter que le contre-moulage fait une apparition timide dans l'Attalia
pour le plancher du compartiment toilette mais que, dans l'ensemble, le
chantier reste fidèle à une construction qui
laisse toute la surface intérieure de la coque accessible
pour des réparations éventuelles. Autre
constatation, ce constructeur n'a pas cédé
à la mode des vaigrages en bois qui habillent les
bordés de nombreux carrés actuels. En revanche,
il utilise ce matériau pour doubler les hiloires de rouf, ce
qui lui permet de, dissimuler en partie le dessous des passavants,
simplifiant ainsi le délicat problème de leur
habillage. La structure de l'Attalia est particulièrement
renforcée à l'aplomb des cadènes de
haubans avec des goussets largement dimensionnés
scellés à la coque et sous le pont. Ces renforts
sont ensuite recouverts de caches en polyester moulé. La
compression du mât est encaissée par une
épontille tubulaire en inox, reposant sur les fonds, qui
supporte également la table du carré.
En ce qui
concerne la liaison pont-coque, cet assemblage se fait par
emboîtement et la seule particularité que l'on
retrouve sur la plupart des voiliers Jeanneau est la fonction du rail
de fargue limitée au rôle de cale-pied sans
participer à la solidité mécanique de
cette liaison. Ce rôle est dévolu au liston
boulonné, lui aussi en alliage léger, qui vient
garantir les scellements de résine et tissus de verre
réalisés par l'intérieur.
Dans les
deux versions, quillard et dériveur lesté, le
lest en fonte est simplement protégé par de la
peinture, ce qui exige un certain entretien, l'antifouling ne suffisant
pas à empêcher la formation de rouille, comme le
pensent de trop nombreux plaisanciers. La dérive en
tôle d'acier galvanisé est manoeuvrée
à l'aide d'un simple palan textile frappé sur un
winch fixé sur le pied arrière de la table de
repas. Des pastilles en polyamide de chaque côté
du puits limitent le débattement latéral et le
bruit qui en résulte. Dans le dériveur
lesté, le petit puisard contenant la pompe de cale est plus
reculé que dans le quillard et comprend une vanne de
diamètre suffisant pour permettre le passage d'une tige
métallique afin de débloquer
éventuellement la dérive. Encore une solution
simple, mais efficace !
Pont-cockpit-accastillage
Grâce
aux dimensions de la coque et à la
surélévation du pont, ce dernier profite d'une
bonne proportion de surfaces planes sans que le volume des
superstructures n'empiète de façon
gênante. La plage avant remonte tout doucement
jusqu'à l'amorce du rouf, avec seulement une petite
surélévation en bordure des passavants de telle
sorte que cette démarcation est à peine sensible
au pied et sera facilement absorbée par les coussins du bain
de soleil. Notre équipage a apprécié
cette disposition pour les manoeuvres de voiles d'avant-tout en
approuvant l'efficacité des petits picots de
l'antidérapant moulé. En revanche, la surface
glissante du pare-brise en avant du rouf a fait l'objet de commentaires
peu amènes au cours de prises de ris par temps frais, le
pied de mât devenant presque impossible à aborder
par l'avant.
Pourtant, le
constructeur a fait un effort en matière de
sécurité avec des mains courantes en bois
fixées pratiquement sur toute la longueur du rouf, et des
cale-pied bien saillants qui se prolongent jusqu'à
l'étrave, une bonne chose lorsqu'on travaille dans le balcon
avant. Fabriqués par le chantier lui-même, les
chandeliers et les balcons sont d'une rigidité rassurante.
Toutefois, l'écartement des pieds du balcon avant est
calculé un peu juste pour passer facilement l'ancre devant
l'étrave. Sur l'arrière, au contraire, les deux
petits balcons d'angle sont largement séparés de
sorte que, malgré le pataras central, l'embarquement ne
crée pas de difficulté lorsque le bateau est
mouillé le tableau au ponton.
Rentrées
le long du rouf dans le prolongement du long rail de foc, les
cadènes de haubans laissent également un passage
correct pour la circulation des équipiers, les passavants
bien plats continuant vers l'arrière de chaque
côté du cockpit. II faut bien avouer que cette
disposition tout à fait classique est beaucoup plus
agréable sous les pieds, surtout au mouillage, que le galbe
trop accentué de certains modèles
récents. Néanmoins, le cockpit n'est pas
dépourvu d'arrondis agréables et les hiloires
sont bien dessinées pour s'asseoir au vent à la
gîte. II arrive également, en
croisière, que l'on ait besoin de faire le meilleur
près possible. C'est le côté
satisfaisant de bateaux comme l'Attalia de profiter des enseignements
et de certaines techniques de la course tout en restant
tournés vers le confort.
Sur le plan
pratique, l'encastrement du tableau de bord du moteur dans la paroi
verticale du cockpit procède d'une louable intention
puisqu'il se trouve à proximité de la manette de
gaz et d'inverseur, mais son emplacement l'expose aux coups de bottes
et l'on doit éviter de laisser la clé de contact
en place avec de la gîte. La ferrure d'étrave est
bien étudiée pour le mouillage d'une ancre, ou
même de deux avec leur chaîne, et comporte des
chaumards moulés pour les amarres. Toutefois, sur
l'arrière du bateau, les taquets d'amarrage sont
dépourvus de chaumards. Il y a pourtant des occasions
où un voilier de croisière est appelé
à mouiller par l'arrière. On peut dire cependant
que, malgré ces quelques points de détail,
l'Attalia est accastillé de façon moderne et
complète pour une utilisation courante.





 |
Emménagements
Comme sur la
plupart des voiliers à cabine arrière, le confort
de la descente est amélioré par
l'avancée du cockpit entre la barre d'écoute et
la porte d'entrée, le constructeur l'ayant même
encadrée de mains courantes très bien
placées. La porte en deux parties demande un petit tour de
main pour sa mise en place, faute de quoi elle se coince entre les
parois verticales. Elle comporte cependant tout le
nécessaire, avec une poignée en inox et un verrou
pour fermer facilement de l'intérieur ainsi qu'une bonne
grille d'aération. Sur ce dernier plan, l'Attalia semble
avoir fait l'objet d'une attention particulière et l'on voit
même sur le rouf un champignon d'aérateur fixe
au-dessous de la cuisine.
L'escalier,
avec ses quatre larges marches revêtues de bandes
antidérapantes efficaces, est surplombé par deux
solides poignées inox. Il donne à l'endroit le
plus large de la coque et, en plus d'une bonne hauteur sous barrots,
l'espace ne manque pas dans l'entrée, entre la cuisine et le
coin navigation. La cuisine est bien traitée avec une
gazinière suspendue mais, malheureusement, sans barre de
protection. La glacière de 70 litres est
aménagée avec un panier et, fait à
signaler, son couvercle est verrouillé. Sur
l'évier inox, l'eau douce sous pression voisine avec l'eau
de mer obtenue par une pompe à pied. Un placard à
ustensiles et quatre équipets complètent cet
ensemble un peu juste, mais convenable.
La surface
de la table à cartes est d'autant plus
généreuse que la carte peu se glisser jusqu'au
bordé grâce à une découpe du
panneau latéral destiné aux instruments.
Toutefois, le plan de travail est amputé par un petit violon
qui délimite une case de taille
démesurée pour le petit matériel,
crayons ou compas. Le volume du pied de table est en grande partie
mobilisé par le réservoir de gazole d'une
capacité de 45 litres. En revanche, un petit casier
très accessible est prévu comme
bibliothèque près du siège de
navigateur. A l'usage, nous avons noté que la tête
passe tout juste sous l'hiloire de rouf dont le chant n'est pas
tellement rembourré.
Le
carré est parfaitement symétrique, avec ses deux
couchettes simples, et l'on tient normalement à six
personnes autour d'une table assez grande mais dessinée pour
que l'on puisse circuler tout autour. Des dossiers
rembourrés fixés par du Velcro masquent les
ouvertures des équipets contre la coque, tandis que les
matelas abritent des coffres dont les couvercles sont montés
sur charnières, sauf bien sûr celui qui abrite
à bâbord le réservoir d'eau. Avec les
équipets supérieurs qui comportent un casier-bar,
la capacité de rangement est tout à fait
convenable.
La
présentation générale, pas
très gaie, a été bien
améliorée par des tissus d'ameublement plus
flatteurs comme le velours, présenté au CNIT.
L'aménagement du poste avant comporte aussi des rangements
corrects avec ses équipets latéraux et une
penderie. On peut regretter toutefois que cette dernière ne
contienne aucune étagère, tout comme celle de la
cabine arrière. Le chantier Jeanneau semble
férocement attaché au souci de simplification,
malgré tous ses progrès en matière de
finition. Les dimensions de la couchette double dans la cabine
arrière correspondent à un bon confort et la
présence du cockpit n'est gênante que pour la
position lecture, peu utilisable.
En dehors
d'une cuvette de W.C. peu accessible, le compartiment toilette offre un
volume correct. La penderie à cirés se
résume à un simple triangle mais, parfois, la
simplicité a du bon, et l'on peut facilement rajouter deux
pitons et un sandow. Malgré sa position
encastrée, le moteur est facilement accessible de tous les
côtés et son compartiment isolé par de
la mousse, sauf naturellement devant le trou réglementaire
réservé au jet de l'extincteur |

.
|
Performances
et qualités nautiques
Lorsque
l'anémomètre oscille entre 25 et 30 noeuds, il
est préférable de prendre les ris tranquillement
au mouillage. Cela nous a permis de nous rendre compte que la
grand-voile de série n'était prévue
qu'avec deux ris seulement. Ne connaissant pas encore le bateau, nous
avons opté pour une solution de dépannage avec la
grand-voile d'un voilier de 8,50 m à deux ris
également, mais nettement plus petite. Naturellement, le
plaisancier moyen ne sort pas tous les jours par ce temps
là, mais cela montre l'intérêt d'une
garde-robe complète, et surtout bien adaptée
à la brise.
Avec un foc
n° 2 et trois équipiers au vent, nous remontons au
près sans difficulté, la barre parfaitement dans
l'axe, étonnés par la douceur de mouvement de
cette coque qui amortit le clapot de toute la rondeur de ses formes.
Nous sommes d'autant plus surpris qu'il s'agit de la version
dériveur lesté et que nous nous attendions
à découvrir une certaine lourdeur de barre dans
ces conditions. Mais les architectes ont vraiment réussi
à équilibrer la carène en
dépit de sa largeur. On peut remarquer également
que la surface de l'aileron fixe est importante puisque l'Attalia cale
encore 1,10 m, dérive haute. Avec ce plan fixe, l'Attalia
est capable de remonter contre le vent, même si la
dérive est coincée dans le puits.
Par
ailleurs, il paraît intéressant de relever en
partie la dérive au largue, ce qui a pour effet de rendre la
barre plus douce lorsqu'elle tire un peu. En laissant de
côté les contraintes de l'IOR, l'architecte a pu
dessiner une coque plus raide aux faibles angles de gîte,
caractéristique tout à fait agréable
pour un bateau de croisière. Mais, à partir d'un
certain angle; la stabilité augmente peu et il vaut mieux
réduire dès que la gite atteint 30°,
même si l'équilibre sous voiles reste encore
convenable.
Par petit
temps, la hauteur de franc-bord et la douceur de barre provenant de la
compensation de safran se conjuguent pour réduire la
sensation de vitesse. De toute façon, il faut atteindre au
moins la force 2 pour avoir l'impression que le bateau commence
à vivre. Précédé d'un
aileron fixe sur la moitié de sa hauteur, le safran dispose
d'une bonne efficacité. On s'en rend compte lorsque,
après une correction de barre bien appuyée, le
bateau se retrouve au portant alors qu'on s'appliquait à
serrer le vent. On peut dire en fait que l'Attalia possède
la stabilité de route de bateaux modernes,
c'est-à-dire que, maintenu en ligne par le barreur ou le
pilote automatique, il va facilement tout droit, mais qu'une impulsion
même légère suffit à le
faire dévier de sa route.
L'évolutivité
ne fait pas défaut dans les manœuvres à
la voile.
On
s'aperçoit cependant, à petite vitesse, d'une
diminution sensible du rendement du plan de dérive. Au
moteur, le problème est un peu analogue en marche
arrière, lorsque le vent prend l'étrave de
travers et la fait pivoter sans rémission dès que
l'on s'arrête un peu trop longtemps. II est certain que, pour
les manoeuvres, le moteur le plus puissant sera le meilleur, le barreur
ayant intérêt à agir par
accélérations rapides.
Aux allures
portantes, l'Attalia se contrôle facilement et soutient des
moyennes élevées, mais son déplacement
exclut des démarrages spectaculaires. Toutefois, la
modération de la vague arrière montre qu'il
s'agit bien d'une carène moderne.
|

Au portant, cette coque est capable de belles moyennes
|
Conclusion
Tout en
s'éloignant de la course dans sa conception architecturale,
l'Attalia ne révèle pas de différences
fondamentales avec ses concurrents dérivés de la
Half Ton Cup. Mais, en s'accordant un peu de liberté dans
tous les domaines, l'architecte a réussi à donner
à ce bateau une aisance qui se retrouve aussi bien dans le
confort des emménagements que dans le comportement marin
orienté vers une bonne sagesse. Très
homogène dans son programme, l'Attalia est le voilier de
croisière moderne de la juste mesure et les plaisanciers ne
s'y trompent pas. Seuls les amateurs de tiroirs seront
déçus, car le chantier Jeanneau s'attache
résolument à maintenir des prix attrayants.
Jacques
MONSAULT
| Eléménts de comparaison des quillards |
| Caractéristiques |
ATTALIA |
GIB'SEA 31 |
RUSH |
| Longueur de
la coque |
9,2m |
9,55 m |
9,20m |
| Longueur à la
flottaison (L) |
7,72m |
8,10m |
7,55 m |
| Bau maximum |
3,2m |
3,30 m |
3,12 m |
| Bau à la flottaison |
2,64m |
2,80m |
2,66 m |
| Franc-bord
avant |
1,16m |
1,16 m |
1,03m |
| Franc-bord
milieu |
1,02m |
0,96 m |
0,90 m |
| Tirant d'eau
maximum |
1,75m |
2,08 m |
1,79 m |
| Tirant d'eau
dérive haute |
|
|
|
| Tirant d'air |
13,25m |
13,70m |
12,50m |
| Déplacement
en charge (D) |
4350kg |
4 400 kg |
4 375 kg |
| Poids en
ordre de marche |
3670kg |
3 400 kg |
37500 kg |
| Poids du lest |
1235kg |
1 300 kg |
1 140 kg |
| Nature du
lest |
fonte |
fonte |
fonte |
| Poids de la
dérive |
|
|
|
| Nature de la
dérive |
|
tôle |
|
| Hauteur sous
barrots |
1,84m |
1,82 m |
1,79 m |
| Largeur entre
couchettes |
1,04m |
1,00m |
1,20m |
| Largeur
moyenne des passavants |
0,47m |
0,35 m |
0,45 m |
| Catégorie de
navigation |
2 ° n ° 2'1 60-6/9 |
2° n° 1593-7/10 |
2e-7/10-no 1 605 |
| Jauge en
douane (tonneaux) |
.9,36 tx |
9,18tx |
7,23tx |
| Jauge I.O.R.
(pieds) |
|
|
22,0' |
| Surface du
triangle AV (1) |
22,31 m2 |
22,27 m |
20,70m |
| Surface
maximale du génois (2) |
34,58 m2 |
34,17 m |
31,69 m |
| Surface du
foc n° 1 |
18,70m2 |
15,41 m |
13,70m |
| Surface de la
grand-voile (3) |
18,12m2 |
21,63 m |
16,40m |
| Surface
maximale (2 + 3) (V) |
52,70m2 |
55,80 m |
48,09 m |
| Surface pour
la jauge (1 + 3) (v) |
40,43m2 |
43,90m |
37,10m |
| Surface du
maître couple immergé en charge (B) |
1,01 m2 |
1,04 m2 |
1,17 m2 |
| Surface de
dérive : |
|
|
|
| coque seule |
2,65m2 |
3,48 m2 |
2,92 m2 |
| aileron |
1,87m2 |
1,46 m2 |
1,46 m2 |
| dérive |
|
0,70 m2 |
|
| aileron
arrière |
0,32m2 |
0,22 m2 |
0,10m2 |
| safran |
0,51m2 |
0,50 m2 |
0,59 m2 |
| TOTAL |
5,35 m2 |
|
5,07 m2 |
| surface
totale mouillée (M) |
22,29 m2 |
|
19,15 m2 |
| Position du centre de dérive (CD) et du centre de carène (CC) par rapport au milieu de la flotaison (en % de L) |
|
|
|
| CD |
8,42 |
|
7,02 |
| CC |
4,92 |
|
2,45 |
| Ecart entre CV et CD (en % de L) |
21,24 |
|
19,87 |
| Coefficients |
|
|
|
| Apttitude à
naviguer par petit temps V/M |
2,36 |
2,45 |
2,51 |
| Vitesse
moyenne V/B |
40,03 |
42,21 |
31,71 |
| Vitesse
limite (coef.prismatique) D/BxL |
0,58 |
0,52 |
0,495 |
| Raideur à la
toile |
|
|
|
| 15° |
5,14 |
3,88 |
2,76 |
| 30° |
8,7 |
7,64 |
6,51 |
|
Chantier : Chantiers Jeanneau
02 51 64 20 20
02 51 67 37 65
info@jeanneau.fr
Architecte Nivelt
05 46 34 61 98
05 46 50 01 52
bnivelt@free.fr
Année de lancement 1983
Année de fin de construction 1986
Nombre d'unités produites 871
Matériau
Polyester
monolithique
Longueur de coque (m) 9.20
Longueur de flottaison (m) 7.90
Largeur ou bau max (m) 3.20
Tirant d'eau
(m)
1.75
Type
d'appendice
Quillard GTE
Voilure au près (m2) 53.00
Voilure au portant (m2) 43.90
Grand-voile
(m2)
17.60
Foc ou génois
(m2)
34.00
Spi classique
(m2)
26.30
Spi asymétrique
(m2)
72.30
Type de gréement
Sloop en tête
Tirant d'air (m)
13.25
Déplacement
lège (kg)
3 400
Lest (kg)
1 235
Type de
motorisation
Ligne d'arbre
Type de
carburant
Gazole
Motorisation standard (ch) 18
Nombre de cabines mini 2
Nombre de cabines maxi 2
Nombre de WC
1
Nombre de salle(s) de bain 1
Hauteur sous barrots max (m) 1.84
Capacité
carburant (l)
45
Capacité eau
douce (l)
90
Prix
(€)
37 383,00
Catégorie de conception CE mini B
Catégorie de conception CE maxi D
Nbre maxi de personnes autorisées pour la cat. CE maxi 9
Catégorie de navigation 2
Jauge en douane
(tx)
9.36
Portrait express : Une
coque volumineuse, deux versions, quillard ou dériveur
lesté, l'Attalia 32, produit à de nombreuses
unités, garde une place enviée sur le marché de
l'occasion. Bon à toutes les allures, même s'il a un peu
tendance à taper dans le clapot du fait de ses formes
généreuses, le bateau offre un intérieur moderne,
clair, rationnel et bien aéré.
L'avis de la rédaction: Essai comparatif dans Voiles et Voiliers n° 183.
Voilure au près/poids 15.18
Voilure au portant/poids 12.91
Voilure au près/largeur 16.13
Voilure au portant/largeur 13.72
|